Il y a quelques mois, je m’étais résignée à ne plus écrire. Cette décision avait été la conséquence d’une mauvaise expérience qui m’avait révélé la piètre écrivaine que j’étais.
Oui, je ne sais pas écrire. L’admettre a été aussi dur qu’une peine de cœur. J’ai toujours été une bonne élève. Je n’ai presque jamais connu l’échec ou du moins celui que j’avais connu était lié à la hauteur de mes attentes. Mon premier échec s’est manifesté après mon baccalauréat. J’avais bossé comme une folle afin d’avoir de bons résultats. Chaque nuit blanche, chaque loisir annulé n’avait qu’un seul but, me permettre d’avoir la mention très bien. Je me rappelle qu’une semaine après l’examen, mon père m’avait demandé ce que je pensais de ma composition. La question était subtile, mais lourde de sens. J’avais compris. Il voulait savoir ce qu’il en était de mon objectif. Après un petit bilan dans ma tête, je lui ai répondu d’un air confiant que j’aurai la mention « Très Bien ». J’étais loin de me douter que le sort me réservait autre chose.
Le jour de la proclamation des mentions, j’étais chez moi. J’avais tout fait pour ne quitter la maison, car au fond de moi, je savais qu’en cas de mauvais résultats, j’aurais fondu en larmes.
Il était 17 h et je n’avais toujours aucune nouvelle. La majorité de mes amis avaient déjà leur résultat. J’avais le pressentiment que les miens n’étaient pas aussi bons que je le voulais. J’avais l’ultime conviction que mes parents et enseignants m’évitaient, ne savant pas trop comment m’annoncer la nouvelle. Après plusieurs heures d’attente, je pris mon courage en main et j’appelai ma mère pour la questionner. J’avais noté dans sa voix un certain tremblement qu’elle essayait de masquer. Puis sans trop de chichi, elle m’annonça que j’avais eu la mention Bien. Je ne sus à quel moment les larmes commencèrent par couler. Elle l’avait senti au bout du fil et tenta de me consoler. J’ai passé les journées qui ont suivi à tenter de me persuader que ma mention n’était pas si mal que ça.
Je suis persuadée que vous êtes nombreux à vous dire que j’exagère. Lorsque vous avez travaillé dur n’ayant en tête qu’un objectif à atteindre, la désillusion blesse. C’est bien plus facile de juger lorsqu’on ne s’est pas personnellement investi.
Alors oui, ne pas savoir écrire s’est avéré comme un échec. Chaque pensée que j’essayais de coucher sur du papier me renvoyait à cet échec. Et pourtant, j’étais constamment attiré par ma plume. Je ressentais le besoin d’écrire. Je voulais écrire. La croyance en ma médiocrité m’empêchait de faire ce qui durant toutes ces années m’avait été salvateur. Il m’arrivait parfois de pleurer de frustration, car je n’arrivais pas à écrire. Je m’étais tellement répété que j’étais nulle que j’avais oublié que la médiocrité n’était pas un état définitif. Je pouvais m’améliorer.
Befoune a un jour dit qu’on n’améliorait pas l’inexistant. Comment voulais-je améliorer ma plume si je n’écrivais pas ? Cela n’avait aucun sens. C’est d’ailleurs la raison qui m’a poussé à reprendre mon blog en main. Écrire cet article a été bien plus dur que vous ne pourriez l’imaginer. Écrire n’est pas facile. C’est un processus qui vous met face à des parties de vous dont vous ignoriez l’existence. Les découvrir peut être un énorme choc.
Chaque phrase que j’écris est une partie de moi que je livre au monde. J’écris pour me comprendre, pouvoir habiller mes pensées. J’écris pour me découvrir. La nature ondoyante de l’homme fait que je suis en perpétuel questionnement. Mon caractère s’affine et certains traits de ma personnalité apparaissent. Ce changement parfois brutal me met en conflit avec moi. L’écriture me permet d’avoir une conversation avec mon autre moi pour le bien-être de Moi.
J’écris pour découvrir la vie et ses facettes. La vingtaine est une période où l’on est ni adolescent ni adulte. La transition vers la vie d’adulte est complexe et parsemée d’erreurs. Chacune de mes expériences bien que parfois douloureuses me permet de mieux cerner la vie et d’apprendre à éviter certains pièges
J’écris pour aller de l’avant, pour vivre, désaltérer ma soif de connaissance et m’améliorer. Chacun de mes articles est une pièce de puzzle de ma vie. Elles retracent mon histoire, renseignent sur ma personne et donnent de l’espoir à l’ancienne Caharath. Elles permettent de suivre mon évolution et de voir la personne que je deviens. Elles me permettent de grandir, vivre mes émotions et guérir.
J’écris pour toutes ces personnes qui pourraient se reconnaître en moi, qu’elles sachent qu’elles ne sont pas seules. J’écris ce que j’aurais voulu savoir sur la vie. J’écris pour survivre.
Photo: Joyful

Merci d’écrire pour nous qui nous reconnaissons. J’ai l’impression de me voir à travers un miroir !
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Merci à vous pour de me lire ! Ça fait énormément plaisir
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Je comprends ton ressenti et je le vis. Voici l’un de mes paragraphes préférés :
La vingtaine est une période où l’on est ni adolescent ni adulte. La transition vers la vie d’adulte est complexe et parsemée d’erreurs. Chacune de mes expériences bien que parfois douloureuses me permet de mieux cerner la vie et d’apprendre à éviter certains pièges.
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Merci Nafi 😊. J’espère qu’on finira par s’adapter.
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Merci de continuer à écrire pour nous faire découvrir la magnifique écrivaine que tu es/seras. Courage pour la suite.
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J’aime beaucoup ta plume Cahry. C’est tout à fait normal pour une perfectionniste de penser parfois que tu n’es pas à la hauteur de tes attentes. Mais crois-moi tu sais écris, ne t’arrêtes surtout plus, cette croyance n’est vraie que dans ta tête, au fur et à mesure que tu la sortira de là, elle se dissipera et tu verras tout ce dont tu es capables. Fais-toi plaisir, écris tant que tu le sens
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Merci beaucoup ❤️ Ne t’en fais pas, je compte continuer 😊
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Je suis tellement contente que tu t’es décidée à reprendre avec ton blog et courage pour la suite .
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Merci beaucoup 😊
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Bonjour ma soeur, j’ai toujours eu le plaisir de te lire. Tu es une icône et je suis très content que tu t’es en fin décidée de continuer.
Comme Nafi j’ai tellement aimé ce paragraphe connaissant bien cette étape de vie tu m’as fait réfléchir jusqu’à écraser quelques gouttes de larme.
Je cite: <>. Vraiment c’est émotionnel et je t’encourage à continuer ma soeur.
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Merci beaucoup 😊
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Ce texte est beau.
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Merci beaucoup 😁🙈(j’ai vérifié plusieurs fois pour voir si je ne rêvais pas)
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Et non tu ne rêves pas. En plus d’être simple, précis et concis, ton texte est émouvant.
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Merci ☺️
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Je suis contente que tu redonnes une chance à ta plume. Befoune l’a déjà dit. Ton texte est beau et touchant.
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Merci beaucoup Tchonté😊 C’est grâce à Befoune et toi que j’ai pu m’améliorer 🥰
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Tes écrits sont fabuleux et vraiment inspirant . Merci de nous livrer ta belle pensée ✨🌹
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Merci 🥰
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